La FAMCO réagit au dépôt du PL 12661 qui propose une augmentation de 27% du temps de travail des enseignant.es du CO.

Le PLR a déposé au printemps 2020 le projet de loi 12661 qui propose de découpler le temps d'enseignement du CO et de l'ES2 en passant de 22 à 28 le nombre de périodes d'enseignement hebdomadaires pour un temps plein au CO. L'exposé des motifs relève:

1) que les enseignant.es du CO d'autres cantons enseignent plus de périodes qu'à Genève;

2) que la charge de travail des enseignant.es du CO pourrait être allégée en éliminant des tâches administratives.

 

La FAMCO s'oppose fermement à ce projet de loi et refuse toute augmentation du nombre de périodes hebdomadaires d'enseignement, pour les raisons suivantes.

 

 

Comparaison intercantonale n'est pas raison!

Genève a fait le choix de confier l'enseignement au CO à des enseignant.es spécialistes porteurs d'un master de branche et d'un master pédagogique. Ce choix permet de préparer les élèves de tous milieux socio-économiques aux formations supérieures nécessaires au fonctionnement de son économie à forte valeur ajoutée.

À 25 ans, on a dans la population genevoise 51% de maturités (dont 34% gymnasiales), contre 46% sur Vaud (dont 30% gymnasiales), 45% en Valais (dont 20% gymnasiales) ou 45% dans le Jura (dont 22% gymnasiales)1.

 

 

L'élimination des "tâches administratives", plus facile à dire qu'à faire!

La charge administrative de l'enseignant.e est fortement imbriquée à l'ensemble de ses gestes professionnels, au point qu'il est complexe de séparer le nécessaire à l'encadrement des élèves (communication au sein de l'école, avec les parents, avec les intervenants externes) des inutiles rapports jamais lus.

En outre, une bonne part de la charge administrative de l'enseignant.e est formée de rapports et communications internes, rendue obligatoires par le besoin de contrôle du département, du parlement et de la cour des comptes (comptes des sorties, corrections et saisie des points EVACOM&TAF, par exemple).

 

 

Ajouter des périodes c'est dégrader la qualité de l'enseignement!

Selon le Service de la Recherche en EDucation2, l'enseignement en classe représente le tiers du temps de travail des enseignant.es du CO, le reste se répartissant entre la préparation des cours, les corrections, le soutien pédagogique et éducatif, la gestion administrative, les conseils, supervisions et concertations, les tâches annexes dans l'établissement (surveillances, etc.).

Si on calcule sur cette base le temps de travail annuel d'un.e enseignant.e du CO (22 périodes de 45 minutes sur 38,5 semaines scolaires, multiplié par 3), on obtient 1905 heures de travail annuel, soit déjà plus que les 1800 heures attendues de chaque fonctionnaire genevois.e.

Une augmentation du nombre de périodes hebdomadaires déboucherait ainsi sur une baisse du temps de préparation et donc de la qualité des cours, sur une baisse du temps de correction et donc de la qualité de l'évaluation, et sur une baisse de la qualité de l'encadrement de chaque élève, mettant en péril l'égalité des chances3.

 

 

Les conditions de travail actuelles au CO ne sont pas attractives!

La forte mobilité des enseignant.es de l'ES1 vers l'ES2, montre que les conditions de travail actuelles au CO ne sont pas comparativement favorables. Une dévalorisation de ces dernières mettrait à mal le recrutement d'enseignant.es au CO.

 

 

La FAMCO s'oppose à ce que les élèves et les enseignant.es du CO fassent les frais du démantèlement fiscal mené par la droite.

 


1 Office Fédéral de la Statistique, 2017

2 SRED, Analyse de la charge de travail des enseignants du Cycle d’orientation, 2010

3 LIP, art. 10.1.f